Emilie Arfeuil - Hylé
Du 18avril au 7 juin 2026

En grec ancien, Hylé désigne la matière première du monde, celle dont chaque chose est faite. Dans Hylé, Emilie Arfeuil a fabriqué un monde merveilleux peuplé de chimères, où il est presque impossible de distinguer les entités vivantes des non-vivantes, les organiques des minérales ou des cosmiques.

La révélation photographique est comme inversée dans le processus créatif : dans l’obscurité totale, elle peint et enlumine corps et végétaux pour les révéler progressivement grâce à des pigments sensibles aux rayons UV. La nouvelle matière prend progressivement forme et sort du noir. Dans une perception utopique de l’humain dans son rapport à la nature, Hylé sublime et remet au visible les corps de personnes invisibilisées, dont le genre, la sexualité ou la norme esthétique échappent ici au tangible et à toute catégorisation. Le mythe est ici utilisé comme un acte politique, non moins pour dévoiler que pour transformer la réalité et rendre visible un nouvel « ordre » de la nature qui en accueillerait le « désordre », et en révéler toute sa beauté.

Ces « sublimations thermiques », sont intégrées dans des coffrets en verre dichroïque, réalisés sur mesure par l’artiste vitrailliste Cindy Gatimel. Faites main, les oeuvres changent de couleur et d’opacité, invitant le spectateur à se déplacer pour en découvrir les différentes facettes. La lumière permet, quant à elle, de créer sur les murs des éclats lumineux de vitrail extensibles et transformables à l’infini, qui font partie intégrante des œuvres.

Crédit photo : Emilie Arfeuil, Hylé