L’histoire du village de Seix, et de son château…
Du Moyen Age au XVIe siècle
Au Moyen Age, un château seigneurial, élément d’un réseau de fortifications entourant le village, dominait Seix. Avec le château de La Garde et celui de Mirabat, juché à 1200m d’altitude avec une vue à 360 degrés, ils assuraient un système défensif stratégique.
En effet, les routes de trois cols transpyrénéens entre la France et l’Espagne, via les port(e)s d’Aula, du Marterat et de Salau, sont à l’époque des voies de communication et de circulation de nombreux marchands, pèlerins et voyageurs, qui convergent vers Seix. La bourgade est alors une étape importante, avec ses foires et marchés… aussi y avait-il grand intérêt à la contrôler.
Le 2 mars 1280 est signée une charte de coutumes par le roi Philippe III le Hardi : Seix sera une ville franche, sous l’autorité du Gouverneur du Languedoc. S’ils doivent toujours être prêts à prendre les armes pour surveiller l’entrée dans le royaume de France, les sexois se voient en contrepartie octroyer des privilèges exceptionnels : ils sont dispensés d’impôts sur le sel, autorisés à chasser, à pêcher, et à ramasser du bois dans les forêts, ainsi qu’à élire 4 représentants pour administrer le village : les consuls.
Notre édifice, dont les fondations dateraient de la fin du XVe siècle, a peut-être été construit à partir des vestiges de l’ancien château seigneurial. Utilisé par les consuls, il servait de maison forte pour la communauté villageoise.
XVIe siècle – XIXe siècle
Au XVIe siècle, cette bâtisse devient la propriété des seigneurs de Siregant, qui la cèdent ensuite à la famille de Balby. Nobles d’origine italienne, elle est liée par mariage aux vicomtes du Couserans : le blason qui figure au-dessus de l’entrée porte leurs armes.
Durant quatre siècles, les membres de la famille de Balby vont se succéder et remanier cette belle demeure.
Les tours, les meurtrières et le mur d’enceinte n’ont pas ici de rôle défensif : ils datent des XVIe et XVIIe siècles. Ces éléments veulent témoigner de la toute-puissance de leurs propriétaires, tout comme l’échauguette, servant traditionnellement d’observatoire, qui fait face au Mirabat.
A l’intérieur, des aménagements apporteront le confort propre à chaque époque et aux exigences de la mode en matière d’architecture, comme les fenêtres « en chapeau de gendarme », percées en 1751, pour augmenter l’éclairage des pièces. Les maîtres d’œuvre de l’époque ont alors reproduit la forme des ouvertures plus anciennes. De même, le décor actuel des pièces d’apparat, dont le décor d’origine a été préservé, réalisé à la fin du XIXe siècle dans le style néo-Empire, manifeste autant d’une volonté de distinction que de rénovation du lieu.
XXe siècle – aujourd’hui
En 1947, le château est vendu au médecin-colonel Legler et à son épouse, de retour d’Indochine. Leur installation s’accompagne d’une nouvelle phase d’aménagement : chauffage central et salles de bain prennent place dans les tours…
Après la mort de ces derniers, sans héritier, dans les années 1980, l’édifice laissé à l’abandon se délabre rapidement. Pour lui éviter la ruine, la Communauté de Communes du Canton d’Oust en fait l’acquisition et le fait inscrire au titre des Monuments Historiques en 1994.
Avec le soutien financier du Département de l’Ariège, de la Région Midi-Pyrénées, de l’Etat et de l’Europe, il a subi une restauration complète dans le respect du décor des siècles passés : réfection totale de la toiture, des planchers et plafonds ainsi que des fenêtres, restauration délicate des stucs… le Château de Seix ouvre au public en août 2005.
Labellisé Maison du Parc Naturel Régional des Pyrénées ariégeoises, il appartient aujourd’hui à la Communauté de Communes Couserans-Pyrénées et propose, sur trois étages de visite, des expositions permanentes sur le patrimoine naturel et culturel du Haut-Salat, ainsi que des expositions temporaires d’arts visuels.
